Droit pénal canadien

Les peines minimales et la justice fondamentale : une atteinte constitutionnelle?

By | Article n3, Numéro 3 | No Comments

IVAN GALINDO DA FONSECA
L’auteur est étudiant de 2e année au baccalauréat en droit de l’Université de Montréal. Il peut être rejoint à l’adresse ivan.galindo.da.fonseca@umontreal.ca. Ill tient à remercier la professeure Geneviève Beausoleil-Allard pour la suggestion de la thématique ainsi que pour ses précieux commentaires.

RÉSUMÉ

Le présent article vise à démontrer l’inconstitutionnalité des peines minimales obligatoires par l’entremise du principe de proportionnalité de la peine. Il est argumenté que ce principe, englobant différents objectifs et défini par la loi et la doctrine, a été dûment reconnu par le judiciaire en tant que principe de justice fondamentale prévu à l’article 7 de la Charte, nonobstant l’apparente contradiction avec les autres droits prévus à la Charte. Or, les peines minimales obligatoires portent atteinte à ce principe en permettant et en encourageant les disproportions entre les peines et les facteurs traditionnels comme la gravité de l’infraction et le degré de responsabilité du délinquant ainsi que par l’accentuation de problèmes déjà existants dans le système criminel qui nuisent à la distribution de peines proportionnelles. Cette atteinte n’est d’ailleurs pas justifiée par les objectifs étatiques visés, puisque la motivation derrière ces mesures est plus rhétorique que pragmatique.

Mots-clés: Charte des droits et libertés de la personne, Droit pénal, Peines minimales

ABSTRACT

The present article aims to show the unconstitutionality of mandatory minimum sentences through the proportionality principle of sentencing. It is argued that this principle, which encompasses different objectives and is defined both by the law and by doctrine, has been duly recognized by the judiciary as a fundamental principle of justice under section 7 of the Charter, notwithstanding the apparent contradiction with other Charter protections. Mandatory minimum sentences violate this principle both by allowing and encouraging disproportion between sentences and traditional factors such as the gravity of the offence and the degree of responsibility of the offender and by amplifying existing problems of the criminal system that hinder the distribution of proportional sentences. This violation is not justified by the state objectives it pursues, since the reasons for such measures are more rhetorical than pragmatic.

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Cyberbullying: a legal crisis in the age of technology

By | Article n1, Numéro 1 | No Comments

ERIK K. GUTENKUNST
The author is currently completing his Juris Doctor (J.D.) at the Faculty of Law at Université de Montréal and has obtained his Licentiate in Civil Law (LL.L.) at the University of Ottawa. Prior to law school, he received his bachelor’s degree in Political Science from Concordia University.  In 2013, while working for the Pro Bono Students of Canada, Erik conducted research on the history and evolution of Canadian legislation regarding youth offenders, later summarizing it for an awareness guide that is to be published by the Centre de placement spécialisé du Portage in the Gatineau region.

RÉSUMÉ

Malgré le fait que l’intimidation ne soit pas un phénomène récent, celle-ci est passée à un tout autre niveau depuis les deux dernières décennies.  Avec l’émergence et la prolifération des technologies de l’information, le cyberespace est devenu un nouveau terrain de jeu pour l’intimidateur, offrant une profusion de nouveaux outils pour nuire aux victimes.  Au Canada, l’augmentation des suicides liés à la cyberintimidation a suscité un appel à l’examen de la criminalisation d’un tel comportement.  Bien que la plupart des actes englobés dans la sphère de la cyberintimidation se retrouvent dans le Code criminel du Canada, la majorité de ces infractions existantes sont obsolètes, ou n’ont pas été intentionnellement créées pour faire face à la complexité du phénomène. Ceci suggère ainsi que l’état actuel du droit criminel canadien est mal adapté pour répondre à la réalité de la cyberintimidation. Bien que les modifications au Code criminel du Canada apportées par la Loi sur la protection des Canadiens contre la cybercriminalité aient soulevé des préoccupations concernant la protection des renseignements des citoyens, cet article soutient qu’elles permettent de lutter contre les actes graves de cyberintimidation, et  feront en sorte de renforcer la réponse globale de la société à la cyberintimidation.

Mots-clés: Droit pénal canadien, cyberintimidation, Code criminel du Canada.

ABSTRACT

Although bullying is not a new occurrence, it has evolved into a whole different type of monster in the last couple of decades.  With the emergence and proliferation of information technologies, the cyber world has become the bully’s new playground and it serves up a profusion of new tools for harming victims.  The increasing number of Canadian suicides linked to cyberbullying has prompted a call for the examination of the criminalisation of such behaviour.  Although many of the acts encompassed within the sphere of cyberbullying can be found in the Criminal Code of Canada, the majority of these existing offences are outdated or were not intentionally created to deal with the complexities of the phenomenon, hinting that the current state of Canadian criminal law is ill-adapted to respond to it.  Although concerns regarding citizens’ informational privacy have been raised with the Protecting Canadians from Online Crime Act’s proposed amendments to the Criminal Code of Canada, this article argues that, on balance, they are a positive step that targets the most egregious forms of cyberbullying and that they will strengthen the overall societal response to cyberbullying.

Keywords: Canadian criminal law, Cyberbullying, Criminal Code

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Investigative detention in Canada

By | Article n1, Numéro 1 | No Comments

BIANCA PIETRACUPA
The author is a recent graduate from the University of Ottawa’s Civil Law program. This article was written as part of the requirements for the Licence en Droit Civil (L.L.L.). Throughout her academic career, Bianca has acted as a legal researcher for the Canadian Broadcasting Corporation (CBC) where she conducted research for ongoing cases on legal issues touching on intellectual property in media. She also acted as a student journalist for the Human Rights Research and Education Center, covering issues such as environmental justice and child rights.

RÉSUMÉ

L’article suivant explorera la notion de la détention aux fins d’enquête et son développement dans le droit canadien. Fondée sur un principe de Common Law emprunté du droit américain, la détention pour fins d’enquête permet aux policiers de détenir et de fouiller un individu afin d’obtenir de l’information. Depuis son introduction dans le droit canadien, la détention aux fins d’enquête n’a pas été reconnue par les tribunaux pénaux comme un pouvoir de police légitime. Il n’existe pas de pouvoir général de détention. Cela est dû en partie à l’utilisation de la doctrine des pouvoirs accessoires, qui permet aux tribunaux de créer des pouvoirs de police et qui met en conflit les pouvoirs législatif et judiciaire. En outre, le droit pénal américain d’où la notion de la détention aux fins d’enquête tire ses origines a une structure différente du droit pénal canadien. Afin de déterminer si l’existence de ce pouvoir de police bénéficie des pratiques du droit pénal canadien, l’article suivant évaluera les applications historiques, théoriques et pratiques de la détention aux fins d’enquête.

Mots-clés: Droit pénal canadien, common law, détention pour fins d’enquête.

ABSTRACT

The following article explores the notion of investigative detention and its development in Canadian Common Law. Founded on the existing police power of detention, investigative detention adds an inquiring element in order to obtain information on a recent crime. In the last twenty years, this concept has struggled to gain recognition in Canadian criminal courts as a legitimate police power. This is due in part to the use of the ancillary powers doctrine which allows the courts to create police powers, effectively blurring the lines between the legislative and judicial powers. The issue is further complicated by the fact that investigative detention was originally developed by the American Criminal Law system, which differs significantly in structure to its Canadian counterpart. Therefore, in order to determine whether the existence of this police power benefits Canadian criminal law practices, the following article will evaluate the historical, theoretical and practical applications of investigative detention.

Keywords: Canadian criminal law, common law, investigative detention.

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